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Aile VI est aujourd'hui lorientais, le temps de son hivernage. Après un toilettage au chaud du chantier FR Nautisme, la fine coque, classée monument historique en 1991, a été remise à l'eau, hier, à la base de sous-marins. « Le bateau avait été entièrement rénové il y a une douzaine d'années, en conservant ses pièces d'origine. Là, nous l'avons révisé, mais dans le détail quand même », explique François Robert, le patron du chantier. Bordés et lattes sous flottaison ont été inspectés, une varangue changée, puis vernis, laques et peintures appliqués avec grand soin.
Aile VII dans le sillage...
Étonnant hasard. Pendant quatre mois, Aile VI a côtoyé des voiliers d'une toute autre génération. Les monocoques de 40 pieds (12,18 m) conçus, en composite, par FR Nautisme. Le chantier lorientais est passé maître en la matière. L'un de ses protégés, Telecom Italia, barré par Giovanni Soldini, truste tous les podiums de la course au large dans sa catégorie. Dernière victoire en date, la Transat anglaise Artémis, gagnée en mai.
« Les plans de l'architecte naval Guillaume Verdier plaisent. Et les résultats sont là », se félicite François Robert. Tout fier de compter plusieurs commandes à l'international : Chili, Suisse... Il faut dire que, plus petits que les 60 pieds du Vendée Globe, les Class 40 sont financièrement plus abordables quand la course à l'armement des grands frères a explosé les plafonds. 350 000 € contre dix fois plus, y a pas photo.
Aile VI remis à l'eau, le voilier va se préparer à une série de régates, entre coques prestigieuses, qui le mèneront de Bénodet au Bois-de-la-Chaize à Noirmoutier, en passant par La Trinité et La Baule. En attendant le bateau a rejoint son grand frère, Aile VII, aux lignes modernes des années 2000, amarré au ponton de la BSM.
Les deux bateaux séjournent ici, tout simplement parce que leur skipper permanent, Pierre-Yves Horel, réside dans la région et dispose du savoir-faire local. C'est donc le plus simplement du monde qu'il a convaincu le propriétaire ¯ ancien PDG de Cartier ¯ de jeter l'ancre de ses voiliers l'hiver au pays de Lorient.