En Kitchen music, la cornemuse se sert pimentée
Prenez une cornemuse dodue, juste sortie du four. Soufflez. Achtung, c'est chaud !
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La cuisine où se concocte ce plat typiquement lorientais se déroulera cet après-midi à 14 h sur un ring dressé en plein milieu de l'Espace Bretagne, au bout du quai des Indes. Vous n'y rencontrerez pas Raymond Oliver expliquant à Catherine Langeais les finesses qui permettent de réussir la daube provençale ou l'aligot de Germaine. Rien à voir ! Ici, pas de chinois, pas d'écumoire, pas de robot-mixer : comme dans la boxe et le catch, la popote se vit au corps à corps. Un seul instrument, un seul ingrédient, la cornemuse. Et derrière ou devant, couché dessus ou dessous, un musicien. Pas n'importe lequel : un cordon-bleu généralement, un virtuose du bourdon, un Paganini du sac aspirateur. Le genre de Mac qui vous fait découvrir des paysages sonores nouveaux et insoupçonnés.
Car oui, il faut le dire bien fort, cette panse de brebis là est farcie de sons inouïs. Et ça aguiche, comme disent les Écossais, qui sont des experts en la matière. On peut ainsi entendre divers styles de musique écossaise, jigs, reels... mais joués à fond la caisse, avec des tempos tellement rapides et des fantaisies si surprenantes que l'auditeur part au casse- (bag) pipe s'il essaie de danser à leur rythme.
Cerise sur le biniou, le cuistot fait sa tambouille sans tablier, mais complètement toqué. Ces dernières années, on a ainsi pu voir des concurrents arriver en costume de Dark Vador, moulés dans un maillot de bain de femme, coquets coquins en veste rose modèle Gay Pride. Ou quasiment nus comme au premier jour, sanglés dans une couche bébé taillée XXL.
Il n'empêche, si tenue et répertoire sont libres, il y a deux règles à respecter en Kitchen Music. D'abord le temps : le concurrent a entre 5 et 7 minutes pour jouer plein gaz. Ensuite, il doit passer obligatoirement devant un jury et le public qui jugent sa prestation. Vous l'aurez compris, cet exercice rigolo et déjanté est considéré par les musiciens comme un antidote au très sérieux pibroc'h, la « grande musique » académique de cornemuse, autrement mortelle... D'ennui, diront certains !
Ouest-France