Le Morbihan accueillera un teknival en 2008
Rose




Pierrick Simon : « On sent aujourd'hui qu'il y a une vraie attaque du code du travail. » Il y a débat sur les critères de représentativité des syndicats aujourd'hui. Quelle représentation le syndicat Force ouvrière souhaite-t-il mettre en avant ? Vous n'êtes d'accord ni avec la CGT ni avec la CFDT ?
Selon nous la représentation syndicale ne peut s'évaluer à la hauteur de l'entreprise comme le défendent la CFDT et la CGT. Ils disent : additionnons les délégués du personnel et les élus du comité d'entreprise et nous aurons la représentativité syndicale. Nous pensons que si on fait cela, les accords interprofessionnels disparaîtront. Si on veut faire réellement un test de représentativité, il faut non pas prendre les 20 millions de votants aux élections prud'hommales, mais se baser sur les élections des représentants à la Sécurité sociale où votent les salariés, les retraités, les chômeurs, le public et le privé. C'est la plate-forme la plus large possible. Les dernières élections pour la Sécu ont eu lieu en 1988. Nous étions d'ailleurs en tête.
Vous êtes plus souvent en divergence avec la CFDT que la CGT ?
C'est vrai. Et nous savons que nous allons avoir des difficultés avec la CFDT sur la question des retraites ou sur celle de la déréglementation du travail et l'Europe. Au moment du conflit sur le CPE, nous avions réussi à nous accorder. Avec la CGT, nous n'avons pas de désaccords majeurs.
Force ouvrière participe-t-elle d'un courant politique ?
Les militants syndicaux sont apolitiques. Mais nous sommes politisés dans le sens où nous nous intéressons à la vie de la cité. Il y a plusieurs courants : le courant historique issu de la SFIO, le courant trotskyste, le courant anarcho syndical. Tout l'échiquier politique, sauf l'extrême droite, est représenté. Nous avons des camarades de l'UMP. Pas de pensée unique chez nous.
Pourquoi se syndiquer aujourd'hui ?
C'est une démarche de résistance. Sauver les acquis sociaux que l'on peut encore sauvegarder. Est-ce que nous voulons une société à l'américaine avec chacun pour soi ? Est-ce qu'on veut que la Sécu et la retraite existent toujours ? Moi, je vis dans une société au modèle social républicain. Avec des conseils de prud'hommes qui sont une spécificité. Aujourd'hui, nous avons un filet de sécurité dont certains tentent d'élargir les mailles ! Aujourd'hui, les gens qui veulent se syndiquer, le font surtout pour retrouver du respect dans l'entreprise.
Pourquoi à FO ?
Pour une totale liberté politique et philosophique.
Recueilli par
Christian GOUEROU.
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