Les femelles ont l'abdomen bombé et des petites pinces, les mâles ont le ventre creux et de grosses pattes. Faites de l'araignée la reine de votre plateau de fruits de mer à Noël. Sa chair est si fine que certains la préfèrent au homard. C'est dire !Gilles Le Gouhir est le monsieur araignée de Keroman.
« Depuis 1978 - j'avais 19 ans - je n'ai pas dû manquer une seule saison. » À bord du
Kabrok, son fileyeur-caseyeur de 15 m, vert et blanc, Gilles pêche le crustacé dans le nord de Belle-Ile, aux Poulains. Sauf de septembre jusqu'à mi-octobre,
« la pêche est fermée »,
et jamais en dessous de 12 cm de diamètre,
« la taille minimun réglementaire ».Actuellement, Gilles travaille au casier. Environ cinquante nasses immergées en série (la filière), par 50 m de profondeur selon les endroits.
« On appâte avec la boette la plus fraîche possible. Du grondin rouge, du merlan bleu que l'on récupère auprès des chalutiers », explique Gilles. La filière est signalée aux navigateurs par une perche de surface fixée à chaque extrémité.Le
Kabrok quitte Keroman vers 4 h et revient vers 16 h. Aux beaux jours, le bateau peut passer deux jours en mer. Il pêche alors au filet. L'araignée doit être démaillée : un travail plus pénible pour leux deux hommes d'équipage, Christophe Carriou et David Le Corre.Gilles Le Gouhir produit environ 50 tonnes d'araignée par an. La pêche est vendue en criée ou alors au détail, le dimanche matin, au cul de la camionnette bleue, sur le parking de Lomener. Mais là, c'est Jeanne, la maman de Gilles, qui est maître à bord.Yann GROAC'H.
L'araignée de mer grandit par mues successives : la carapace, hérissée de petits pics, devient molle. Juvénile jusqu'à 2 ans (c'est la moussette), l'araignée peut vivre jusqu'à 7 ou 8 ans. L'hiver, elle migre au large en marchant sur le fond ; l'été elle revient vers la côte.
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Recettes : Cuite à l'eau ou préparée au Kari Gosse