Vivante dans l'océan, la morue s'appelle... morue. Logique. Vendue salée, on l'appelle toujours morue. Mais commercialisée en frais, ou congelée, elle est baptisée cabillaud. C'est ainsi ! La dame, au long barbillon sous le menton (comme notre amie, la julienne), se fait plutôt rare dans le golfe de Gascogne. Naturellement, elle préfère chalouper de ses trois dorsales dans les eaux, plus froides, de 2 °C à 10 °C, de la Mer Celtique ou de l'ouest de la Manche.C'est dans ces parages, au sud de l'Irlande, que la capture David Modicom, 28 ans, patron de l'
Edilma, chalutier bleu ciel et blanc de 19,40 m.
« On tente notre chance quand on passe près des fonds durs, plus secs, sans vase ou sable, ou quand on rase une carcasse d'épave, explique David Modicom.
La morue y chasse les petits poissons. »Un p'tit merlan bleu par-ci, une p'tite sole par-là, s'il vous plaît ! La morue a des goûts de luxe, par 140 m de profondeur. Mais gare aux avaries de chalut à trop effleurer la croche.
« On fait très attention », promet le patron, soucieux de son matériel de pêche.L'an dernier, l'
Edilma a décidé de rejoindre la poignée de chalutiers immatriculés « LO » qui travaillent
« dans le nord », à partir de Loctudy. Un choix économique, lié à la restriction des quotas de langoustine dans le golfe de Gascogne, explique David Modicom.
« La taille de nos bateaux le permet. Car les conditions de temps sont nettement plus dures que dans le golfe. »Le chalutier vend sa production, dont la langiustine glacée, à la criée bigoudène au terme de quatorze de jours de mer,
« route comprise, deux jours aller-retour ». Après trois jours de congés au pays lorientais, les marins de l'
Edilma rejoignent leur bord, en taxi. Yann GROAC'H.
La morue mâle émet des sons au moment de la reproduction, décrit Jean-Claude Quéro, de l'Ifremer, dans son ouvrage de référence
Les poissons de mer des pêches françaises (éditions Jacques Grancher). La femelle y serait très sensible. Grrrr !
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