Charnue, robe orangée, iodée. La moule de l'île de Groix est une moule de corde, élevée en pleine et vive eau, à Port-Lay. Le naissain naturel vient se fixer sur des chaussettes (d'anciennes nappes de chalut taillées en bandes) plongées à 8 m de profondeur au bout de cordes, elles-mêmes gréées de bouées en surface. Ce sont ces quatre filières, tels quatre longs serpents de mer, que l'on observe en arrivant sur l'île, à tribord. Juste avant que le courrier blanc de la SMN pique du nez dans Port-Tudy.Patrick Saigot, 33 ans, a repris la concession voici cinq ans, en association avec un ostréiculteur de Larmor-Baden.
« L'endroit est abrité des coups de vent de sud et de suroît, explique-t-il.
C'est aussi une zone où la moule se reproduit naturellement, car les courants y apportent tout le plancton dont elle a besoin pour se nourrir. »Hélas, depuis des années, les courants y drainent aussi le
Dinophysis dès les prémices de l'été. Patrick Saigot ne peut alors plus commercialiser ses coquillages, rendus impropres à la consommation humaine.
« Dix-huit semaines de fermeture d'affilée, l'an dernier. Un triste record national ! » clame le mytiliculteur avec pas mal d'humour.Reste qu'il faut faire bouillir sa marmite et celle de ses quatre salariés à l'année.
« L'été, on importe des coquillages du continent. Et on fait aussi des dégustations d'assiette de la mer, en terrasse, au-dessus de l'atelier. » Magnifique repaire avec vue plongeante sur Port-Tudy. Mais la meilleure parade à la micro-algue toxique, c'est d'écouler l'essentiel de la production - une centaine de tonnes - en hiver.
« Jusqu'à Pâques en gros. » C'est le moment d'y goûter ! Avant que le
dino ne rattaque Port-Lay.Yann GROAC'H.
La moule filtre jusqu'à quatre litres d'eau par heure pour respirer et pour retenir le plancton. Le byssus est cet écheveau de filaments, se terminant par des microventouses, qui permet à la moule de se fixer.
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Recettes : les moules rien de plus simple