Elle peut être bouclée
« des petits pics sur le dos », lisse
« marron, avec plein de petits points noirs » et quand elle est
« fleurie », à Keroman on l'appelle
« la raie vache ». Jean-Pierre Camenen, 36 ans, patron-pêcheur, en a ramené quelques paniers l'autre nuit à Keroman. On reconnaît facilement la raie fleurie grâce à ses deux tâches (les ocelles) dessinées sur chacune de ses nageoires pectorales (les ailes). Avec le
Breizh, son chalutier de 16,50 m, Jean-Pierre Camenen peigne les fonds de 120 m à 150 m,
« du sud de Penmarc'h jusque dans le travers de La Rochelle ». À 50 milles au large des côtes charentaises, soit environ à huit heures de route de Lorient. Le patron du
Breizh ne cherche pas la raie particulièrement. C'est quand il ne pêche pas la langoustine, qu'il fait du divers, comme on dit : merluchon, limande, rouget, lotte... et raie, mélangés dans le même trait de chalut.
« Tous ces poissons travaillent dans le même secteur. On en prend plus ou moins d'une espèce selon la météo, selon les courants », explique-t-il.Les grosses raies, environ 2 kg, sont étripées à bord. Les petites, 500 g, sont gardées entières, en cale réfrigérée.
« On trie par taille et on met en caisse, avec un film plastique qui protège le poisson de la glace. Sinon, ça blanchit, décrit Jean-Pierre Camenen.
Mais le dernier jour des trois ou quatre jours de pêche, on ne met plus de glace, car on livre un poisson très frais à Keroman. » Celui, très prisé, du dernier coup de chalut
« en rentrant à la maison ».Yann GROAC'H.La raie, particulièrement bien adaptée au fond, guette son casse-croûte à demi-enfouie dans le sable. À cause de sa bouche placée sur la partie ventrale, elle doit attaquer en nageant au-dessus de sa proie pour la plaquer au sol. >>
Recettes : Des ailes... mais pas d'arêtes !