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Bernard, Areski et Yohann, commerçants rue de Verdun : « Après quatre mois de chantier, nous en sommes seulement à la moitié. » Rue de Verdun, tel un char, une pelleteuse à chenille bloque la rue. Des grilles protègent les tranchées profondes. Ici, le programme de réfection totale du réseau d'eau et d'électricité s'est transformé en parcours du combattant pour les habitants. En première ligne, les commerçants.
Bernard, le coiffeur, parle de 25 % de chiffres d'affaires en moins. Yohann le buraliste aussi. Chez Areski, la sandwicherie a plongé de 50 %. Dans son épicerie, c'est moins 20 %. « Serge Morin nous avait dit en janvier : vos commerces vont prendre de la valeur. Encore faut-il que nous soyons encore là demain ! » s'énerve le marchand de journaux.
« La récession mondiale, elle a commencé chez moi »
Les commerçants s'étaient préparés à un siège de quatre mois, avec une trêve au mois d'août. Mais les entreprises de travaux publics campent toujours à mi-hauteur de la rue. « A la mairie, on nous avait parlé de quatre mois de chantier, donc des finitions en octobre. Après quatre mois de chantier, nous en sommes seulement à la moitié de la rue rénovée, tempête Yohann. Maintenant, les services municipaux nous disent Vous en avez jusqu'en janvier. » Et pas de panneaux en tête de rue pour indiquer que les commerces ouvrent pendant les travaux.
« Avec la première entreprise, qui avait ouvert et refermé les trottoirs, tout s'était bien passé, selon les trois commerçants. Mais aujourd'hui, nos rapports sont plus difficiles avec les chefs de chantier des autres sociétés. » Il y a trois semaines, l'épicier a vu un dumper, un chargeur et sa grande pelle, stationné sans bouger du jeudi au lundi devant son échoppe.
« La récession économique mondiale, elle a commencé chez moi », peste Areski. En haut de la rue, entre la pharmacie et le garage, la boutique de fringues Susan's a baissé le rideau. « Ça fait trois ans qu'elle est là, soupirent les marchands. Plutôt que de prendre une nouvelle collection, elle s'est mise en veille. Elle attend. »
Christian GOUEROU.