« Elle mord les merluchons. Elle leur fait des trous dans le dos ! » Dès qu'il ramène de la seiche à bord, David Monnier et son équipage séparent aussitôt le céphalopode de ses voisins de chalut. Sinon, la bestiole saisit sa proie de ses tentacules, munis de ventouses, et la dirige vers son bec-de-perroquet, sa bouche appelée ainsi à cause de ses mandibules cornées. Croc !
« Le poisson est alors bon à jeter. Il n'est plus vendable. »David Monnier est le patron-armateur du
Davidson, un chalutier de 17,16 m, rouge à bande blanche. Il pêche la morgate, nom local de la seiche, de décembre à fin février.
« L'hiver, elle est au large. On travaille derrière Groix et dans le sud-ouest de Belle-Ile. Entre deux et six heures de route de Keroman. » Quatre à cinq panier de 30 kg,
« c'est bon ».Mais attention, la seiche n'abdique pas facilement. Son arme : un jet d'encre noire pour aveugler ses ennemis et ainsi pendre la fuite. Emprisonnée dans le chalut, elle se défend toujours.
« Il faut tout de suite laver les autres poissons, car l'encre tâche très fort. Elle imprègne aussi le pont du bateau, les mains...
C'est tenace », précise David.La seiche est aussitôt mise en « blanc » : on ne garde que l'enveloppe extérieure renfermant les viscères et l'os. C'est cette partie, le manteau ou blanc de seiche, qui est commercialisée.
« On tire la tête d'un côté et le corps de l'autre. Faut aussi enlever la peau marron du dessus », décrit David Monnier. Puis rincer le pont noirci, à grandes eaux !Yann GROAC'H.
La seiche, mâle comme femelle, meurt après sa reproduction, au printemps et en été, près des côtes. À cette période elle est pêchée par les caseyeurs et les fileyeurs. Les oeufs, en grappes, se fixent sur des algues ou des herbiers. On peut en trouver échoués sur le rivage. À l'automne, les jeunes seiches migrent au large. >>
Recette : Comme à bord du Davidson...