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« Dédé », aux côtés de sa grand-mère, Andrée Macaux, et de Joseph Fabregues, le président de l'association des familles de traumatisés crâniens du Morbihan. À 74 ans, elle le monte dans son fourgon, le ramène chez elle, dans sa maison étroite de la Grande-Rue. Elle lui fait sa toilette, le nourrit par une sonde gastrique reliée directement à son estomac, lui administre ses médicaments avec une pompe qui injecte les doses dans les muscles, l'aide à faire quelques exercices physiques, lui prodigue des caresses et le rassure. Le soir, le père vient prendre la relève et le ramène à Lorient.
« Dédé » est traumatisé crânien. En février 1998, il est victime d'un accident de voiture alors qu'il se rend en discothèque avec quatre amis à Baud. Le diagnostic des médecins est clair : il est dans un état végétatif, et il ne pourra plus communiquer. Pendant trois ans, il est resté ainsi. Il a été envoyé au centre de Kerpape pendant six mois, « mais ils ne l'ont pas gardé car il ne faisait pas de progrès, » explique Andrée Macaux. Il est même passé par une maison de retraite à Gestel, sans succès.
Penser pour l'autre
Aujourd'hui, il parvient à nouer une certaine relation. « On communique avec lui par les yeux », explique Andrée Macaux. En dix ans, Andrée Macaux a fait des progrès considérables avec son petit-fils. « Un des médecins qui l'avait soigné peu de temps après l'accident n'en revenait pas lorsqu'il l'a vu récemment ! »
Mais si des familles se rapprochent davantage de la victime après son accident, beaucoup d'entre elles éclatent, certaines personnes se retrouvent isolées. C'est pour surmonter ces difficultés que l'association des familles de traumatisés crâniens du Morbihan (AFTC) milite pour l'ouverture d'un Service d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés dans le département. C'est un service mettant à disposition du personnel spécialisé, accompagnant individuellement et sur la durée les victimes. « Il en existe un dans les trois autres départements bretons, prenant chacun en charge cinquante à soixante personnes. Rien que dans le pays de Vannes, nous avons trouvé trente à quarante personnes dans le besoin », explique Jospeh Fabregues, le président de l'AFTC.
Depuis plus de deux ans, c'est un autre combat qui commence pout Andrée Macaux : obtenir un service d'accompagnement dans le Morbihan. L'appel est lancé.
Xavier THIERRY.
Pratique : Association de familles de traumatisés crâniens du Morbihan (AFCTC 56), place de l'église à Merlevenez (56700). Tél. Fax : 02 97 65 74 41. Mail : aftc-56@wanadoo.fr