Chinchard, merlan bleu, tacaud mais aussi des arêtes récupérées dans les déchets des magasins de marée ou dans les fonds de chalut gardés à bord. Le homard n'est pas fine gueule quand il renifle les casiers boëttés de Robert Le Floc'h.
« C'est un charognard », résume le pêcheur du petit port de Kerroc'h, à Ploemeur. Robert Le Floc'h, 52 ans, l'un des plus réputés patrons de chalutier de Lorient, boucle sa carrière seul à bord du
Peacock, le 3
e du même nom, rouge vif comme les précédents... mais 6,20 m de long seulement... et caseyeur, un nouveau métier.Robert Le Floc'h louvoie entre la pointe du Talud et Fort-Bloqué,
« à toucher la côte ». C'est par-ci par-là, entre les roches, qu'il mouille,
« pas toujours au même endroit », ses huit séries de quinze casiers chacune,
« à 3 m - 4 m de profondeur ».
« Je les relève toutes les 24 heures, je reboëtte et je remouille. » Un boulot assez physique, pour le dos et les bras. Mais qui permet d'être à terre tous les jours.
« Je quitte Kerroc'h vers 5 h, je reviens vers 12 h - 13 h », se félicite le patron.
« Pêcher un homard, ça reste un coup de chance », entonne Robert Le Floc'h, sans rire. L'animal sort de sa grotte, une faille dans les rochers, et crapahute sur le fond sableux. Il a faim. Il repère le casier,
« il le voit ! », sent la boëtte, entre dans la nasse, prend un bout d'appât, ressort, grignote, puis revient... Le hasard, c'est de relever le casier quand la bête y est !Jeannick, l'épouse, attend Robert à la cale de Kerroc'h. Les homards de la journée,
« une quinzaine, de 600 g à 3 kg pièce, c'est bien », sont embarqués dans la camionnette, direction les viviers du Pérello. Les crustacés n'en ressortiront que le samedi, pour être vendus vivants à la criée de Keroman. Mais
« billés », c'est-à-dire les tendons coupés. Sinon les homards s'entre-tuent. Pince, alors !Yann GROAC'H.
Le homard breton est bleu foncé ou clair sur le dessus et blanc rosé dessous. Le homard américain, moins goûté, est vert bronze sur le dos et orangé sur le ventre.
>> Recette : A l'américaine, pas à l'armoricaine