Coque bleue, blanche et lisérés rouges, l'
Izody file dans les courreaux de Groix, du lever au coucher du soleil, ou presque. Sa quête ? Le vernis. Un joli coquillage, brillant, lisse, aux reflets bruns.
« On en pêche toute l'année, mais ça marche mieux à Pâques et aux fêtes de Noël », explique Jean-Pierre Moullec, en fin connaisseur.Quand Bruno Guillas, l'armateur du canot, n'est pas là, le matelot se fait patron.
« Quand on pêche ici, le bateau reste à Port-Louis. Autrement, on est à Quiberon. » Jean-Pierre Le Moullec, 52 ans, habite à Belz. Quelques milles au compteur du marin, dont d'excellents souvenirs sur les thoniers en bois d'Etel.
« On traquait le germon aux tangons, de juin à septembre, des Açores jusque dans le sud-Irlande. J'ai adoré ça. »Le vernis est pêché à la drague, sorte de gros râteau conçu pour racler les fonds. Les petits animaux passent entre les dents, les plus gros tombent dans la « coiffe », une poche assemblée d'anneaux de fer.
« Je pêche entre 10 m et 25 m de profondeur, ça dépend des endroits et de la marée, haute ou basse, décrit Jean-Pierre Le Moullec.
On file en longueur de fune [câble]
trois fois la profondeur. Avec plus ou moins dix mètres, si on travaille sur des fonds durs sans sable ou s'il y a de la houle. Le bateau fatigue moins à tracter l'engin de pêche. »Comment sait-on que la poche est remplie ?
« Le bateau est freiné, on n'avance plus », répond Jean-Pierre Le Moullec, amusé par la question. Le tri, à bord, se fait
« à l'oeil », par l'expérience. Tout coquillage en dessous de 60 mm est rejeté. Le vernis est maintenu vivant, immergé dans des viviers ¯
« des bacs en plastique » ¯ dont l'eau de mer est renouvelée en permanence. Frais, frais ! Vernis celui-là !Yann GROAC'H.
Le vernis, comme les coquillages bivalves filtreurs, destine l'essentiel de son alimentation à ses besoins énergétiques pour le maintien de ses fonctions vitales et sa reproduction. Peu pour la croissance de la coquille et de la chair.
• Recette : Le vernis aime la mie de pain