Édition du vendredi 13 avril 2007

Le vernis se fait draguer dans les courreaux

Invitez-le à partager votre plateau de fruits de mer. Le vernis s'entendra bien avec son cousin, le clams.

Coque bleue, blanche et lisérés rouges, l'Izody file dans les courreaux de Groix, du lever au coucher du soleil, ou presque. Sa quête ? Le vernis. Un joli coquillage, brillant, lisse, aux reflets bruns. « On en pêche toute l'année, mais ça marche mieux à Pâques et aux fêtes de Noël », explique Jean-Pierre Moullec, en fin connaisseur.

Quand Bruno Guillas, l'armateur du canot, n'est pas là, le matelot se fait patron. « Quand on pêche ici, le bateau reste à Port-Louis. Autrement, on est à Quiberon. » Jean-Pierre Le Moullec, 52 ans, habite à Belz. Quelques milles au compteur du marin, dont d'excellents souvenirs sur les thoniers en bois d'Etel. « On traquait le germon aux tangons, de juin à septembre, des Açores jusque dans le sud-Irlande. J'ai adoré ça. »

Le vernis est pêché à la drague, sorte de gros râteau conçu pour racler les fonds. Les petits animaux passent entre les dents, les plus gros tombent dans la « coiffe », une poche assemblée d'anneaux de fer. « Je pêche entre 10 m et 25 m de profondeur, ça dépend des endroits et de la marée, haute ou basse, décrit Jean-Pierre Le Moullec. On file en longueur de fune [câble] trois fois la profondeur. Avec plus ou moins dix mètres, si on travaille sur des fonds durs sans sable ou s'il y a de la houle. Le bateau fatigue moins à tracter l'engin de pêche. »

Comment sait-on que la poche est remplie ? « Le bateau est freiné, on n'avance plus », répond Jean-Pierre Le Moullec, amusé par la question. Le tri, à bord, se fait « à l'oeil », par l'expérience. Tout coquillage en dessous de 60 mm est rejeté. Le vernis est maintenu vivant, immergé dans des viviers ¯ « des bacs en plastique » ¯ dont l'eau de mer est renouvelée en permanence. Frais, frais ! Vernis celui-là !

Yann GROAC'H.

Le vernis, comme les coquillages bivalves filtreurs, destine l'essentiel de son alimentation à ses besoins énergétiques pour le maintien de ses fonctions vitales et sa reproduction. Peu pour la croissance de la coquille et de la chair.


• Recette : Le vernis aime la mie de pain

Ouest-France

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