pour décrocher un petit point. Il lui permet de continuer à camper dans la première partie du classement.
« On a au moins eu le mérite de ne pas prendre de but. A l'arrivée, on empoche un point. C'est toujours mieux que rien. » Sylvain Marchal est un garçon intelligent et lucide. Et qui connaît trop bien le football pour savoir, parfois, se contenter du minimum. Non, Lorient n'a pas livré un grand match samedi soir face au Mans. Oui, Lorient a, une nouvelle fois, été incapable de mettre suffisamment de rythme, de vitesse et de poids pour faire plier une défense mancelle qui n'a pourtant rien d'une citadelle imprenable (1). Mais Lorient avait-il seulement les moyens d'espérer autre chose que ce nouveau match nul 0-0, le dixième décroché cette saison par Christian Gourcuff et sa bande ? Poser la question revient en partie à y répondre.
Le phénomène n'est pas nouveau. Depuis son retour parmi l'élite la saison dernière, le FCL traîne comme un boulet son manque de percussion dans le domaine offensif. A l'arrivée, les Lorientais ont toutes les peines du monde à traduire en occasions de but leur volonté de bien faire dans le jeu. On en a encore eu la démonstration face au Mans. « On savait pourtant qu'il fallait essayer de contourner leur bloc défensif, d'éviter au maximum les duels mais on n'a pas réussi à la faire, analysait à la sortie des vestiaires, Sylvain Marchal. Face à une équipe difficile à manoeuvrer comme celle-là, il aurait fallu mettre du rythme, de la folie. On n'y est pas parvenu et au final, ça donne un match fermé. »
A l'exception d'un coup de génie signé Saïfi (12'), et deux tentatives d'Abriel sur coup franc (20') et de Jouffre (41'), Lorient ne s'est procuré aucune véritable occasion samedi soir. « Même si ce n'est pas une excuse, il ne faut pas oublier qu'il nous manquait beaucoup de monde devant : Marama (Vahirua), « Lulu » (Le Pen), Kemal (Bourhani) et Hamed (Namouchi) », poursuivait Sylvain Marchal.
Préserver sa place dans les dix premiers
Une nouvelle fois incapable de faire la différence (2), le FCL s'en est donc encore remis à sa défense. « Face à une des meilleures attaques du championnat, on a fait du bon boulot, notait Marchal. On a été assez intelligent pour ne pas trop se livrer et pour éviter de se faire prendre en contre. Derrière, on est assez complémentaire, mais on bénéficie aussi du travail effectué par tous les milieux de terrain. » Mais également par des attaquants qui ne rechignent jamais à aller presser l'adversaire.
Cette capacité à défendre en bloc permet aujourd'hui à l'équipe morbihannaise, malgré ses carences offensives, de continuer à camper dans la première partie du classement. A deux étapes du baisser de rideau, le FCL n'a d'ailleurs pas l'intention de lâcher le morceau. « Ce serait vraiment dommage de finir au-delà », martèle Sylvain Marchal. Et tant pis si Lorient y parvient à coup de 0-0.
Stéphane BACRO.
(1). Avec 45 buts encaissés, le Muc possède la 6e plus mauvaise défense de L1.
(2). Sur les 36 matches disputés cette saison, l'attaque lorientaise est restée muette à 17 reprises.
LORIENT - LE MANS : 0-0.
Arbitre : M. Thual. 13 947 spectateurs.
AVERTISSEMENTS. Le Mans : Ben Frej (30'), Geder (56'), Le Tallec (67'), Sessegnon (78'). Coutadeur (82').
LORIENT : Audard - Jallet, Marchal (cap), Ciani, Morel (Cantareil, 14') - Hautcoeur (Ewolo, 61'), Mansouri, Abriel, Jouffre - F. Robert (Marin, 67'), Saïfi. Non entrés en jeu : Cappone (g), Boutruche, Genton, Dielna. Entraîneur : Christian Gourcuff.
LE MANS : Pelé - Ben Frej, Basa, Geder, Bouhours - Coutadeur, Romaric (cap) - Le Tallec (Maïga, 86'), Sessegnon, Matsui (Douillard, 90'+1) - De Melo (Gervinho, 65'). Non entrés en jeu : Roche (g), Cerdan, Louvion, I. Camara. Entraîneur : Rudi Garcia.