Ses slaloms sur le terrain, sa vitesse, son explosivité, ses cheveux d’argent, tout cela fait de Nicolas Marin un joueur remarqué. Sous contrat pour trois ans avec le FC Lorient, ce joueur sensible et attachant a une certitude : un jour, il reviendra vivre à Marseille, la ville qui l’a vu naître.
Mais pour l’instant, Nicolas vit à Plœmeur, dans un village bucolique près de la route du Fort-Bloqué. L’endroit est idéal pour ses deux enfants : Lucas, 5 ans et le petit Lenny, tout juste cinq mois. Pour Nicolas, en revanche, c’est un peu compliqué. « Pour les entraînements, on vient me chercher en voiture ». Le permis de conduire du joueur est suspendu. « J’en ai encore pour onze mois sans conduire. C’est difficile ». La faute à un dépassement de vitesse à Reims. « J’aime la vitesse, mais promis, je ferai attention la prochaine fois. »
« Un monde d’hypocrites »
Nicolas a une grosse qualité : la franchise. Et un petit défaut : l’impatience. Était-il un gosse turbulent à Marseille ? « J’ai grandi dans la vieille cité Saint-Just. J’avais tous mes potes dans mon quartier, on jouait beaucoup au foot. J’avais du mal à canaliser mon énergie. Alors je passais mon temps à jouer, même dans l’appartement où je rendais fou mes parents. A 12 ans, je suis parti en sports-études à la Grande Bastide. Je me suis accroché… Et puis à 14 ans, je suis pris au centre de formation à Auxerre, je quitte mes potes, mes copines, mon père, chauffeur livreur et ma mère qui travaille dans un centre pour handicapés. Sur le moment, tu ne t’en rends pas compte, mais tu changes de vie. »
Aujourd’hui, le joueur ronge son frein. A Lorient, il manque de temps de jeu alors qu’il veut tant donner sur le terrain. Ce qui rend un peu amer celui qui passe pour un animateur des vestiaires. « Le foot, c’est un monde d’hypocrites. J’étais avec Djibril Cissé au centre de formation à Auxerre. Je l’ai appelé souvent en début de saison, quand il ne marquait pas. A présent que ça va mieux pour lui, il ne m’appelle pas pour me soutenir et parler. Son ami en ce moment, c’est plus Jamel Debbouze… »
Un cierge à Notre-Dame-de-la-Garde
Nicolas espère être aligné ce dimanche contre Marseille, son club fétiche. « Au début, c’était mon rêve de jouer à l’OM. Mais j’ai 27 ans, il ne faut pas se voiler la face. Je sais bien que ce sera difficile. Quand je vivrai à Marseille, j’essayerai de rester dans le sport, peut-être dans l’encadrement avec la ville. Sinon, on verra bien… Marseille, c’est ma ville, ça représente tout pour moi. Même ma femme Muriel, qui est Toulousaine, a Marseille au cœur. »
Une image symbolise l’attachement de Nicolas à sa cité : la basilique Notre-Dame-de-la-Garde, qu’il a affichée sur son portable. « Je suis croyant, même si je ne vais pas à la messe. Je vis déjà en groupe toute l’année ! Il m’est arrivé d’aller me recueillir à l’église à Lorient. Et chaque fois que je retourne à Marseille, j’allume un cierge à Notre-Dame-de-la-Garde. Je lui confie mes joies, mes peines. Elle est toujours avec moi, dans ma tête. » Et dans le vestiaire du FC Lorient, la statuette de la Bonne Mère ne quitte pas son casier.