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Chaque année, 1 600 ha de terres agricoles disparaissent en Morbihan. Les dispositifs existants ne peuvent que freiner la tendance. : Archives Thierry CreuxLa montée du foncier (1) aiguise les appétits et bouscule les structures. « Certains pratiquent la rétention foncière de terres agricoles en espérant qu'elles deviennent, un jour, constructibles. » L'application des règlements existants n'empêche pas de telles pratiques. « On voit ainsi des parcelles se transformer en friches (en presqu'île de Rhuys par exemple). »
Construire dans la bandedes cinq cents mètres
Les chantiers ostréicoles sont également très convoités par les amateurs de résidences avec vue sur mer. « Tout le monde veut maintenant habiter au bord de l'eau », constate Hervé Jenot, président de la section régionale conchylicole « On n'a aucun outil juridique interdisant à celui qui veut céder son chantier de le faire à un touriste... » Les logements, restant accessibles aux jeunes qui veulent reprendre une concession, deviennent rarissimes. « Il faut maintenant habiter à au moins 20 km », se plaint Fabrice Lizé, « j'ai rien contre Le Faouët mais quand on travaille sur la côte... ».
Chez les agriculteurs aussi, il arrive désormais de plus en plus fréquemment que le siège d'exploitation soit vendu plutôt que transmis à un repreneur. Laurent Kerlir connaît bien la problématique. Le président de la FDSEA est persuadé que l'on n'arrivera à conserver des sièges d'exploitation en zone littorale « que si l'administration accepte de déroger à la règle, en autorisant la construction de sièges dans la bande des 500 mètres. »
Mais l'on touche là aux règles d'urbanisme. Pour contribuer à une gestion plus économe de l'espace, chambre d'agriculture, associations des maires, conseil général et préfecture ont adopté une charte de l'agriculture et de l'urbanisme qui apporte certains éléments de réponse. Elle va être maintenant présentée aux agriculteurs pour les inciter à s'impliquer dans l'élaboration des Plu (Plans locaux d'urbanisme).
Les conchyliculteurs regardent la démarche avec intérêt sans se départir toutefois d'une certaine réserve. « Une telle charte doit se traduire par des actions concrètes », objecte un ostréiculteur. Les professionnels se méfient des beaux documents qui restent dans les tiroirs.
(1) Prix de vente moyens : 3 800 € pour un hectare agricole, 12 000 € pour un hectare de terre à usage agricole de loisirs (parc, élevage de chevaux...), 1,3 million d'euros pour un hectare de terre urbanisable.
Jean-Charles MICHEL
les vendredi 22 et samedi 23 août.
Ouest-France