Lorient à l'heure du commerce équitable
Hervé Le Gal montre une bobine de coton filé (« un fil de grande qualité ») dans un village burkinabé. : Ouest-France
L'association Ingalan aide des villageois burkinabés à valoriser le coton qu'ils cultivent. On en verra, en mai, au milieu d'acteurs de la « filière équitable »
>> Le programme des débats, conférences...
>> ... et des concerts
Des paysans burkinabés aux Rencontres du commerce équitable, début mai, à Lorient : cette présence ne devra rien au hasard. Organisatrice de la manifestation, à la fois militante et festive, Ingalan s'investit beaucoup au Burkina-Faso. Et pas uniquement pour ouvrir à des villageois des circuits de commercialisation susceptibles de rémunérer leur coton « équitablement ». C'est-à-dire, au-dessus des tarifs consentis par les grands acheteurs internationaux.
L'implication de l'association bretonne va bien au-delà. « Il s'agit de permettre aux acteurs de la filière de valoriser au maximum leurs produits chez eux », dit Hervé Le Gal, l'animateur d'Ingalan. Il ajoute : « Que se passe-t-il aujourd'hui ? Le gros de la production quitte le Burkina pour être transformé ailleurs, en Tunisie ou chez nous. L'union économique et monétaire d'Afrique de l'Ouest avait fixé pour objectif de valoriser sur place un quart de la production à l'horizon 2010. C'est perdu d'avance : on en était à 0,8 % l'an dernier !... »
L'exemple illustre les difficultés dans lesquelles se débattent les pays d'Afrique, incapables de valoriser leurs richesses de base. Insupportable pour Ingalan. Oui, mais, comment y remédier ? L'égrenage manuel du coton est un boulot « dingue », mangeur de temps. Alors, l'association racle des fonds pour doter un (premier) village de machines à égrener rudimentaires. « Le problème est essentiellement matériel », commente Le Gal,
Une première expérience a déjà forgé sa confiance. Après avoir acheté deux tonnes de coton, Ingalan les a confiées à des villageoises (et non à une usine) pour qu'elles le filent. Résultat : un fil, paraît-il, de grande qualité. Du bio, qu'une société coopérative de Roanne est prête à tisser. « Pour améliorer la technique du filage et former les femmes aux techniques de teinture, on fera aussi de la formation. C'est ainsi qu'on pourra maintenir de l'activité dans les villages et gagner de la valeur ajoutée. Il est anormal que l'essentiel des richesses se situe à l'autre bout de la chaîne... »
Sur tout cela, on échangera à Lorient. Expositions, débats, concerts, meubleront les trois journées. Venus de la France entière, tous les acteurs de la « filière équitable » seront représentés.
Alain GUELLEC.
Rencontres du commerce équitable, les 9, 10 et 11mai, au parc des expositions de Lorient-Lanester. La VIIIe Quinzaine du commerce équitable, elle, se poursuit jusqu'au 12 mai. De nombreuses manifestations locales meublent le calendrier.
Ouest-France