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Parpaings ou briques, le débat a été relancé par Jean Dumoulin, de la fédération départementale du bâtiment, à l'occasion de l'assemblée générale de l'Adil, qui organisait une table ronde, mardi, sur les enjeux et contraintes du développement durable. : Archives Philippe Renault« C'est bien gentil de faire une réglementation thermique (1) mais sur vingt maisons, dix-huit sont construites en parpaing et seulement deux en brique (pourtant quatre fois plus isolante que le parpaing). Aujourd'hui, une maison sur deux est faite en toute illégalité. » Le responsable de l'Anah (Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat), François Hervé qui participait à la table ronde, a reconnu que le nombre de contrôles (hors instruction des permis de construire) n'était pas à la hauteur des enjeux. « Le maître d'oeuvre doit s'engager à respecter les règles mais il n'y a pas de vérification. »
Diagnostic énergétique obligatoire avec le contrat
Pour pallier ce manque, Jean Dumoulin verrait bien la mise en place d'une formule d'habilitation des entreprises obéissant aux règles. « Puisqu'on n'a pas les moyens de les contrôler, pourquoi ne viendrait-on pas les auditer ? » Erwan Robert, directeur du service territoire au conseil général y est favorable. « Certains départements ont déjà mis en place des référentiels qui permettent à des professionnels de s'engager. »
De toute façon, les règlements ne suffiront pas pour que se mette en place une filière de l'écoconstruction. « L'habitat durable ne peut se décréter. Ça participe d'une démarche globale (public à convaincre, entreprises compétentes...) », a insisté un participant. L'obligation de joindre, à tout nouveau contrat de location, un diagnostic de performance énergétique doit y contribuer.
Le bâti existant pose problème
Pour relever le défi, le géographe, Ronan Le Délézir, élu de Crac'h met beaucoup d'espoir dans les démarches d'expérimentation : « Que les collectivités locales montrent l'exemple en s'engageant dans des programmes de construction privilégiant une approche de développement durable. » C'est déjà le cas pour certaines.
Plus que le logement neuf, c'est la réhabilitation du bâti existant qui pose problème. Une habitation sur trois a été construite avant 1948. Même si ce ne sont pas forcément les plus anciennes qui sont les moins adaptées. Les maisons traditionnelles présentent souvent un bilan énergétique meilleur que celles construites entre 1945 et 1974. Quoi qu'il en soit, l'Anah n'approuvera pas d'Opah (opérations programmées d'amélioration de l'habitat) ne présentant pas un volet énergétique.
« La facture énergétique pèse d'autant plus lourd que le logement est mal isolé... et que le ménage a des revenus faibles », a rappelé François Hervé.
On pourra poursuivre ce débat à l'occasion du carrefour de l'habitat durable organisé par le conseil général le 18 juin en matinée au Crédit Agricole de Vannes.
Jean-Charles MICHEL.
(1) La RT 2005, en vigueur actuellement, fixe à 110 kWh/m2/an la consommation maximale d'énergie d'un logement construit après le 1er septembre 2006.