Football : Arnold Mvuemba, en toute simplicité
Auteur d'une prestation remarquée, samedi soir au Parc, Arnold Mvuemba préfère cependant s'effacer, en toute modestie, derrière la performance collective d'une formation lorientaise généreuse, réaliste et solidaire. : Archives
Ligue 1. Au Parc des Princes, le milieu lorientais a toujours joué juste.
Simplement et pour les autres.
Parc des Princes, soir de défaite du Paris SG. La zone mixte, où entraîneurs, joueurs, voire présidents, doivent défiler, s'exprimer, affiche complet. Caméras et micros sont tendus, les stylos de sortie. À nouveau battu, humilié même (0-3), le PSG s'enfonce dans la crise. Les (pseudos) stars de la capitale aux salaires pouvant grimper jusqu'à 285 000 € mensuels feignent de ne pas s'apercevoir que tout ce monde est là pour eux.
Casque sur les oreilles, Iphone à la main, Arnold Mvuemba traîne son sac de sport. Passe devant les journalistes sans provoquer un soupçon d'intérêt. L'ancien Rennais a la mine heureuse. La satisfaction d'avoir passé une belle soirée et d'avoir bien fait son boulot. Sans plus.
« Hey Arnold, on peut discuter un instant ? »
La réponse est forcément positive.
« Vous êtes conscient d'avoir plané sur le match ? »
Son visage s'illumine d'un franc sourire.
« C'est gentil mais je crois que vous exagérez un peu. C'est vrai qu'en ce moment je suis bien physiquement mais quand vous gagnez 3-0 à l'extérieur c'est que toute l'équipe a bien travaillé. Il n'y avait pas que moi, il faut souligner le gros travail de tout le monde. »
Alors soulignons la grosse performance accomplie par des Merlus qui restaient pourtant sur deux revers consécutifs face à Lyon (1-3) puis à Nancy (0-1), insistons sur la prestation collective d'une équipe lorientaise, qui sur une pelouse à peu près correcte, a récité ses gammes. Tenir d'abord, contrer ensuite et profiter des circonstances. Avec dans le jeu des actions d'écoles, sorties du laboratoire Gourcuff, et des buts consécutifs à du mouvement, des appels, des décalages et de la complicité.
« On savait que les Parisiens n'étaient pas très bien et qu'ils allaient nous presser d'entrée, poursuit Mvuemba. Il fallait tenir et rester concentrés. » Durant cette entame difficile, l'ancien milieu de Portsmouth semblait le seul capable de tenir le ballon et de faire les bons choix: temporiser, écarter, se projeter vers l'avant. Mais après le pénalty inscrit par Marama Vahirua (23'), consécutif à un contre amorcé par Fabien Audard, le gardien, et (presque) conclu par Sigamary Diarra, le scénario devint plus facile à écrire pour les Merlus.
Et Arnold Mvuemba, déjà largement impliqué sur l'action à l'origine du premier but, a pu laisser s'exprimer une science du jeu toujours portée vers l'avant. Il fut le joueur qu'on recherche pour rendre des ballons propres, le joueur qui trouve les bonnes solutions, un parfait régulateur. Un Pedretti lorientais, le vice en moins.
« J'ai simplement joué sur mes qualités. On a reproduit ce qu'on essaie de faire depuis le début de la saison. On a été costaud, ensuite on s'est libéré et on a profité de la profondeur et des espaces qu'ils nous laissaient. Et tout s'est enchaîné, on savait qu'on pourrait mettre leur défense en danger. Et quand vous avez devant « Maram » et Kévin, qui combinent à merveille, cela devient plus facile. » Et quand Vahirua et Gameiro ont derrière eux Arnold Mvuemba, cela devient aussi plus facile pour les deux attaquants.
Éric HORRENBERGER.
Ouest-France
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