Football : Lorient sait hisser son niveau quand il le faut
Cris, le policier, fait bonne garde devant Ulrich Le Pen. Le Lorientais ne passera pas. À l'image d'un match certes sans but mais jamais ennuyeux. : Thomas Bregardis.
Ligue 1. FC Lorient - Lyon : 0-0. Les Merlus ont fait belle impression face au champion. Et possèdent encore une bonne marge de progression.
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Certes, nous n'en sommes qu'à l'issue de la deuxième journée. Certes, « il reste encore 36 matches à disputer », comme aime à le souligner, à juste titre, Fabien Audard. Il n'empêche : en tenant en échec le septuple tenant du titre, les Lorientais ont confirmé un potentiel que l'on sent prometteur pour la suite. Et cela, même celui qui a écoeuré à lui tout seul les artificiers lyonnais, Karim Benzema en tête, ne saurait le nier. « On a été au niveau », avouait ainsi Fabien Audard, avant de se s'attarder sur son cas personnel. « Il y a eu des arrêts, des choses intéressantes. Mais ce n'est pas non plus une fin en soi. Le but est d'être régulier jusqu'au bout. »
De l'importance d'être constant, donc. En grappillant quatre points lors de leurs deux premières sorties, les Morbihannais sont incontestablement dans les temps. Et à ce rythme-là, nul doute qu'ils parviendront aisément à combler leur objectif (avoué) du maintien, et peut-être aussi celui (encore confidentiel) d'une place dans le haut de tableau. Un fait est en tout cas acquis : « il n'y a guère lieu de s'alarmer. » Ou la réplique ironique de Christian Gourcuff à un journaliste ayant émis l'idée saugrenue d'un « retard à l'allumage. » Comme si ce dernier n'avait pas été mis au courant de la belle histoire d'amour entre le FCL et le mois d'août. Cela fait pourtant trois ans que ça dure.
« Une belle équipe en face »
Claude Puel, lui, était bien conscient des capacités de son adversaire. En établissant un parallèle avec la rencontre gagnée en ouverture et celle de dimanche après-midi, l'entraîneur de l'OL a traduit ce que bon nombre d'observateurs ne se refusent plus à admettre : Lorient est désormais craint de tous, y compris de l'ogre rhodanien. « On a été meilleurs que face à Toulouse, mais cette fois-ci, nous n'avons pas gagné. La faute à une belle équipe en face. »
Son homologue appréciera sûrement le compliment, mais ne saurait s'en contenter. Le perfectionniste qu'est Christian Gourcuff préférait plutôt pointer du doigt le « manque de fluidité et de justesse de (ses) joueurs. Il y a eu trop de pertes de balles au niveau de nos 30 mètres, ce qui a mis Lyon dans des positions favorables. On n'était pas dans un grand jour », révélait le technicien breton, qui qualifiait par conséquent de « moyen » le match des siens, mais au résultat néanmoins « satisfaisant. » Ce que corroboraient d'ailleurs Ulrich Le Pen, Sylvain Marchal et Fabien Audard à la sortie des vestiaires, à l'unisson au moment d'évoquer « un bon point de pris. Même si tout ne fut pas parfait, nous restons sur une dynamique intéressante », renchérissait le capitaine lorientais.
Un allant qu'il s'agira de confirmer sur le terrain de Valenciennes, dès le week-end prochain. Car, que l'on se rassure, tout ne fut pas négatif aux yeux de Christian Gourcuff face au champion de France. « On a eu une volonté de construction dans le jeu qui m'a plu. Il aurait fallu concrétiser ces bonnes séquences pour pouvoir l'emporter. » Peut-être que le retour (à mettre au conditionnel) de Rafik Saïfi aura valeur de bonification en terre nordiste. Son coach en attend en tout cas beaucoup à la pointe de l'attaque. « Il va nous apporter, c'est certain. Notamment dans son rôle de point de fixation. » En l'absence de son buteur, Lorient a jusqu'ici fait plus que bonne figure. En sa présence, on imagine ce que cela pourrait donner, si par aventure l'Algérien avait la bonne idée de rééditer sa saison de l'an passé (14 buts)...
Jeremy GOUJON.
Ouest-France