Tennis de table : Hennebont veut une salle digne de son rang
Bruno Abraham entend consolider l'assise du club hennebontais et souhaite évoluer vers une structure encore plus professionnelle. : Patrick Guigueno
Pro A. Hennebont prépare l'avenir après son 3e titre de champion de France. Concernant l'équipe, le président Abraham conserve la même ossature. Mais il veut une salle à la hauteur de ses ambitions.
Bruno Abraham, comment s'est déroulée la soirée pour fêter le titre ?Simplement. Avec les supporteurs et les joueurs, nous avons fêté l'événement dans la salle et ensuite nous sommes allés en boîte de nuit. On a continué la fête et cela s'est très bien passé, sans abus, dans la joie et la bonne ambiance. On a bien fêté cela surtout qu'en début de saison, on ne s'attendait pas du tout à ce titre. Angers, Levallois et Pontoise étaient sur les rangs, on visait une place dans les 4es pour se qualifier pour la Ligue des champions et on termine la saison en finissant premier et invaincu.Comment expliquez-vous cette réussite hennebontaise ?Tous nos joueurs s'entraînent, vivent ici et s'entraident. L'esprit de corps règne, c'est une bande de copains qui a des objectifs et des projets. Ce ne sont pas des mercenaires, c'est un projet global. C'est un peu particulier pour Kalinikos Kréanga qui est moins présent, il n'est pas souvent à Athènes non plus car il parcourt le monde avec une centaine de jours à passer en avion. Il souhaite travailler plus sur Hennebont et c'est un peu pour cela que nous avons recruté un nouvel entraîneur, Bobocica, qui vient de Milan. Kalin'a participé à son recrutement dans l'objectif des Jeux Olympiques, ce qui peut aussi nous apporter.Restez-vous sur les mêmes bases au niveau de l'équipe avec le trio Kréanga, Bai et Gorak ?Oui, le quatrième homme est Xin Wang qui est en phase de naturalisation. On a le droit à un seul étranger hors CEE et c'est Bai. Il n'est pas exclu de recruter un renfort, mais il nous faudra trouver un partenaire maillot, ce serait bien pour briller en Champions League. Cette saison sera une année de transition. On veut asseoir le club et on souhaite travailler sur un projet qui nous tient à coeur. On souhaite réhabiliter la salle et mettre toute notre énergie là-dedans. Pour jouer les premiers rôles, il nous faut un joueur qui coûte cher. Si on rentre dans une confrontation directe avec Levallois, on va se brûler les ailes, on n'en a pas la capacité financière. Si on garde la même équipe, Gorak devra passer un cap. Il a les qualités, il doit se faire violence. Le nouvel entraîneur devrait lui permettre de franchir cette étape pour 2008-09 où la Ligue des Champions sera une de nos priorités.C'est vraiment une chance de posséder Kréanga au sein de son équipe ?Oui. Vous avez vu, il a enlevé son maillot quand il a gagné le match déterminant. C'est une équipe, ils sont heureux. On avait peur, les joueurs avaient une pression énorme et ils n'ont pas joué à leur juste valeur. On risquait de tout perdre, ils ont fait preuve de cohésion et de professionnalisme pour se donner à fond pour le public. La standing ovation à 3-2, la ola une fois le titre acquis font que nous n'avons pas besoin de chauffeur de salle car il existe une réelle communion entre les joueurs et les spectateurs qui étaient environ un millier mardi soir.C'était un atout supplémentaire de jouer ce dernier match à la maison ?C'est une des significations de notre titre. Nous avons le meilleur public de France. Nous sommes le seul club à déplacer 150 personnes quand on va à Levallois. On souhaite une salle avec de meilleures conditions d'accueil du public et des joueurs. C'est un peu handicapant pour le club si on veut s'assurer une assise populaire. Ces trois titres devraient nous permettre de réhabiliter cette salle qui est hors norme au niveau de la sécurité et de l'accueil du public. On souhaite un projet plus ambitieux pour agrandir la salle vers une capacité à mille places avec des sièges, des fauteuils, on veut créer des loges, une salle de réception plus un hébergement de 15 chambres. C'est un projet global qui se chiffre à 2 millions d'euros. C'est la même approche financière que lorsque Lorient est monté en Ligue 1. On doit disposer d'une grande salle de tennis de table au pays de Lorient. Avec les élus, on va se mettre autour d'une table et discuter car partout en France, on joue dans des infrastructures adaptées.Vous disposez d'un centre de formation. Justement, la DTN parle de la création d'un centre de formation européen, qu'en pensez-vous ?On a une démarche propre, c'est bien qu'ils nous suivent là-dessus. Ils doivent lire nos documents, car les talents sont éparpillés en Europe. A Hennebont, on a de bons entraîneurs et des athlètes de haut niveau, on a la chance de faire du bon travail, on a beaucoup appris ainsi. Le centre de formation a été labellisé par la Direction régionale de Jeunesse et Sports. Notre structure répond à un cahier des charges et nous étions des pionniers dans ce domaine, c'est l'âme du club et c'est fondamental. Nous sommes des formateurs et c'est l'identité du club.Hennebont possède de modestes ressources financières. Comment vivez-vous cela ?Le budget du club est de 500 000 €. A 70 %, ce sont des partenaires privés. Ils sont durs à démarcher. On veut se développer comme un club de foot de Ligue 1. On a un voisin en L1, ce n'est pas évident de vivre à côté, seulement nous ne sommes pas concurrents. C'est une autre approche des choses qui peut être complémentaire.Recueilli par Olivier ABAUTRET.
Ouest-France