Édition du lundi 03 décembre 2007
Nostang voit l'avenir tambour battant
Étonnante petite commune. Plutôt discrète, aux finances restreintes et qui, au début de l'été, joue du djembé, du balafon ou du n'goma.
Une demi-personne prend, chaque jour, le bus vers Lorient. Les statistiques ont l'art de décimaliser les gens, de leur rajouter des virgules, à défaut de particule. Cependant ce drôle de chiffre illustre l'enclavement dont souffre Nostang. Oh, la commune ne vit pas l'enfer. Depuis la Préhistoire, les Nostangais s'enracinent paisiblement sur cette rive droite de la belle ria d'Etel. C'est qu'il y fait bon vivre, non ?Mais si on n'emprunte pas beaucoup les transports collectifs ici, c'est aussi parce qu'ils sont bien moins développés qu'au pays de Lorient. Peu de clients, peu de transports ; peu de transports, peu de clients. Le serpent se mordait la queue. La communauté de communes Blavet Bellevue Océan (BBO), à laquelle adhère Nostang, a décidé d'améliorer la situation.Soutenue par le conseil général, BBO vient tout juste d'installer des lignes plus régulières vers la grande cité côtière. Nostang, comme sa voisine Sainte-Hélène, bénéficie aussi d'un service à la demande, sur réservation. Le samedi par exemple. Ou le jeudi, pour se rendre au marché réputé d'Hennebont.Du terrain, du terrainAutre point, plus gris que noir : le bourg. Dont un Nostangais, amoureux de sa patrie, admet qu'il a un peu de mal à vivre. Les habitants qui travaillent à l'extérieur ont pris l'habitude de faire leurs courses avant de regagner leurs pénates, explique encore notre témoin. Mais les choses évoluent, avec une population qui s'accroît : + 10 % au cours des dix dernières années.Nostang séduit, malgré son éloignement relatif. Notamment les jeunes ménages, avec enfant(s), attirés, par le cadre de vie certes, mais aussi par du mètre carré constructible, disponible et abordable (autour de 50 €). C'est le fruit de la politique foncière de la commune, qui, depuis 2001, a acquis quatre hectares de terrains. Résultat : 80 demandes ont été enregistrées... pour 30 lots proposés.Avec cet élan démographique, l'école garnira ses bancs. D'autant que la commune annonce de nouvelles acquisitions foncières. L'activité économique, aussi, suit le mouvement. Nostang accueille aujourd'hui un kiné, un cabinet infirmier, un salon de coiffure. Et une auto-école a décidé d'y ouvrir une succursale. En voiture !Plus encore. Deux grosses entreprises de transport routier, STG et Boissel, déjà présentes à Landévant, ont décidé d'implanter une plate-forme à Nostang. Elles y ont trouvé l'espace recherché. Le projet concerne deux cents emplois, nouveaux et existants.Enfin, Nostang peut s'en vanter : la commune connaît une vie associative dense. Trente associations, du comité des fêtes au club de foot, au théâtre, etc., en passant par les Chemins d'antan du pays de Nostang, qui organisent le fameux Trail de novembre (600 participants) et, originalité, les Percussions du monde. Rendez-vous étonnant, détonant, dont la 4e édition a rencontré un vif succès l'été dernier : malgré une météo défavorable, 4 000 festivaliers ont arpenté, en rythmes, les bords du Roc'h. Extra. Et une belle récompense pour les 150 bénévoles mobilisés autour l'événement.Charles JOSSE.
Ouest-France